Sur la place Notre-Dame, la cathédrale de Grenoble ne cherche pas à impressionner par sa hauteur. Pas de flèche élancée ni de grande façade sculptée : un clocher-porche massif en brique, des murs remaniés au fil des siècles, et un ensemble de bâtiments imbriqués. C'est pourtant l'un des sites les plus anciens et les plus riches de la ville. Ce guide présente l'histoire de la cathédrale Notre-Dame, ce qu'il faut voir à l'intérieur et les vestiges du groupe épiscopal voisin.
Un site chrétien depuis la fin de l'Antiquité
Grenoble devient le siège d'un évêché à la fin du IVe siècle ; le premier évêque connu, Domnin, est mentionné en 381. L'église de l'évêque s'installe à l'intérieur de l'enceinte romaine, dans l'angle nord-est de la ville, contre le rempart. C'est là que se trouve encore la cathédrale.
Comme dans de nombreuses villes de la Gaule, le centre religieux comprenait plusieurs édifices : une église principale, un baptistère et la résidence de l'évêque. Les fouilles menées sous la place Notre-Dame à la fin des années 1980, à l'occasion de travaux d'aménagement, ont mis au jour les fondations du baptistère paléochrétien, avec sa cuve baptismale. Les vestiges sont aujourd'hui protégés et présentés au public.
Une cathédrale construite par étapes
L'édifice actuel résulte de nombreuses campagnes de travaux. L'essentiel date de la période romane et gothique, entre le XIe et le XIIIe siècle, avec des modifications importantes aux époques suivantes. Au XIXe siècle, la façade est recouverte d'un enduit et de décors néogothiques ; une restauration menée au XXe siècle a fait réapparaître la brique de la tour-porche.
Cette tour-porche en brique est l'élément le plus caractéristique de la cathédrale. Elle donne à l'édifice une silhouette sobre, très différente des grandes cathédrales gothiques du nord de la France. La brique est d'ailleurs un matériau fréquent dans les monuments médiévaux grenoblois : on la retrouve au clocher de la collégiale Saint-André.
Le ciborium, chef-d'œuvre du gothique flamboyant
À l'intérieur, l'œuvre la plus remarquable est le ciborium, un tabernacle monumental de pierre d'environ quatorze mètres de haut, réalisé au milieu du XVe siècle à la demande de l'évêque Siboud Allemand. Il est sculpté dans un style gothique flamboyant : pinacles, arcatures, fleurons et dentelles de pierre s'élèvent le long du mur du chœur. Il servait à conserver les hosties consacrées.
La cathédrale conserve aussi des tombeaux et monuments d'évêques, des vitraux de différentes époques et un mobilier liturgique renouvelé après le concile Vatican II.
L'église Saint-Hugues, l'église voisine
Accolée à la cathédrale, l'église Saint-Hugues était à l'origine une église paroissiale distincte. Les deux édifices, accolés, forment avec l'ancien évêché un ensemble unique en plein centre-ville. Ce voisinage rappelle l'organisation médiévale du quartier, où la cathédrale de l'évêque côtoyait l'église des paroissiens. À ne pas confondre avec l'église de Saint-Hugues-de-Chartreuse, dans le massif de la Chartreuse, célèbre pour son décor peint par Arcabas.
Le nom de l'église rappelle saint Hugues, évêque de Grenoble de 1080 à 1132, qui accueillit saint Bruno et l'aida à fonder le monastère de la Grande Chartreuse.
Le musée de l'Ancien Évêché
L'ancien palais des évêques, de l'autre côté de la cathédrale, a été transformé en musée départemental. Le musée de l'Ancien Évêché présente l'histoire de l'Isère, de la préhistoire à nos jours, et donne accès, en sous-sol, au baptistère paléochrétien et à une portion du rempart romain construit à la fin du IIIe siècle. C'est l'un des rares endroits où l'on peut voir de près l'enceinte de Cularo-Gratianopolis.
Comme les autres musées du Département, il fait partie des musées gratuits de Grenoble et de l'Isère.
La place Notre-Dame
La place qui entoure la cathédrale a longtemps été un carrefour encombré. Son réaménagement, lié à l'arrivée du tramway, a permis les fouilles archéologiques et mis en valeur le groupe épiscopal. Au centre, la fontaine des Trois Ordres commémore l'assemblée de Vizille de 1788, évoquée dans notre guide sur le château de Vizille.
La place est aussi le point de départ naturel d'une promenade dans le centre ancien : la rue Chenoise commence à quelques mètres. Notre itinéraire Le Vieux Grenoble à pied part d'ici. L'association a par ailleurs consacré une notice au remarquable albâtre de Notre-Dame-de-Mésage, autre trésor religieux de la région grenobloise.
Conseils de visite
- La cathédrale est un lieu de culte en activité : la visite se fait en dehors des offices, dans le respect des lieux.
- Prévoyez la visite du musée de l'Ancien Évêché dans la foulée pour comprendre l'histoire du site.
- Prenez le temps de faire le tour extérieur du groupe épiscopal : la brique, les reprises de maçonnerie et les traces du rempart racontent les étapes de la construction.
Questions fréquentes
Quelle est la cathédrale de Grenoble ?
La cathédrale de Grenoble est la cathédrale Notre-Dame, située place Notre-Dame dans le centre historique. Elle est accolée à l'église Saint-Hugues et à l'ancien palais des évêques, qui abrite le musée de l'Ancien Évêché.
De quand date la cathédrale Notre-Dame de Grenoble ?
Le site est occupé par l'église épiscopale depuis la fin de l'Antiquité. L'édifice actuel a été construit et remanié du XIe au XIIIe siècle pour l'essentiel, avec des transformations jusqu'au XIXe siècle. Sa tour-porche en brique est l'élément le plus reconnaissable.
Qu'est-ce que le ciborium de la cathédrale ?
C'est un grand tabernacle de pierre de style gothique flamboyant, haut d'environ quatorze mètres, réalisé au XVe siècle à la demande de l'évêque Siboud Allemand. Il servait à conserver les hosties consacrées et compte parmi les œuvres les plus remarquables de l'édifice.
Peut-on voir le baptistère de Grenoble ?
Oui. Le baptistère paléochrétien, découvert lors des fouilles de la place Notre-Dame à la fin du XXe siècle, se visite dans le parcours du musée de l'Ancien Évêché, qui fait partie des musées départementaux de l'Isère.
